Gagnant du concours :"Libre examen et ingénierie"

Entre un syllabus et une remise de projet, j'arrive enfin à m'assoir à mon bureau, prendre une plume (ou bien mon ordi) et à méditer sur le libre examen.
Une idée très populaire dans notre chère Université, mais où pourtant si peu d'étudiants prennent le temps nécessaire pour se poser, et d'y réfléchir.

Parce que oui, à part répéter la phrase, pour ceux qui la connaissent par cœur: "La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être" disponible sur le site de l'ULB et en poster au secrétariat, combien d'entre-nous ont pris la peine de se demander : "et si c'était plus que ça?".

Il suffit de quelques minutes, de quelques heures pour se rendre compte que le libre-examen n'est pas juste une phrase ou un principe d'une université. Parce que comme tout concept, la signification personnelle va bien plus loin.

Je n'oserais pas donner une définition plus précise du libre-examen, car selon moi, il n'en existe pas : chaque individu, qu'il soit ULBiste ou non, a sa propre vision du libre-examen, selon son expérience personnelle; ..et c'est les idées communes de chacun, tant que celles-ci soient cohérentes et réfléchies, qui forment le concept même du libre-examen.

En tant qu'étudiant BA2 à l'Ecole Polytechnique, je suis baigné depuis (au moins..) 2 ans dans l'ingénierie et le libre-examen.
Ces premières années m'ont appris à avoir un esprit plus critique, à être ouvert à la réflexion et parfois même à la remise en question.

Aller en cours ou aller au TD? Etudier en bibli ou aller voir au cercle si j'y suis? Tant que rien n'est obligatoire et pénalisable (examens exclus), tout va bien. Mais est-ce libre-exaministe d'imposer des TP, de coter des labos, et de perdre des points parce qu'on a été absent une après-midi? Et je comprends l'objectif — de forcer les étudiants à être assidu afin de prôner la réussite —, mais est-ce vraiment le reflet du libre examen?

Je remarque que de plus en plus de travaux pratiques ne sont pas obligatoires "mais si vous ne venez pas, vous aurez -1 à l'examen".
Alors un cours d'anglais obligatoire le vendredi après-midi, on peut s'en passer.

... Ah, le baptême! Allez, je terminerai par là, même si je suis un non-baptisé, un moldu, pour ceux qui savent. Si je parle du baptême, c'est tout simplement parce que c'est une (chose enhaurme?) étape importante pour beaucoup d'entre-nous, et cela touche directement au libre examen.
Si le baptême se résumait à se familiariser au concept du libre examen, à chanter et à boire des bières, j'aurais été plus qu'épanoui dans le folklore de l'ULB et particulièrement dans celui du CP. Mais je trouve cela bien dommage que cela ne s'arrête pas là.

Quel est le sens de la morale du baptême, qui est celle du libre examen (à peu de choses près, pardonne-moi si je n'ai pas été jugé), si certains étudiants arrêtent parce qu'ils refusent de se mettre nu, se raser la tête, ou de faire l'aqueduc, et donc refusent d'obéir? Arrêter et donc ne pas être baptisé juste parce qu'ils ont compris avant les autres, vous avouerez c'est un peu dénué de sens!

Allez, c'est bien drôle, mais est-ce nécessaire de se cacher derrière le libre-examen en faisant "une démonstration par l'absurde" pour humilier ces sales bleus?

L'article est terminé, mais sache que si tu n'es pas d'accord avec moi, que tu penses autrement, ou que tu trouves que je dis vraiment n'importe quoi : Félicitations, nous venons de démontrer la définition du libre-examen ensemble!

A bientôt dans les couloirs du U !
Le gagnant du concours organisé par le délégué Librex.